Arbres et changement climatique: quel avenir pour nos forets ?

Alors que la sécheresse s’installe de plus en plus tous les ans, certaines régions de France doivent faire face à des difficultés quant au maintien du bien-être de leurs forêts.

C’est notamment le cas dans les Vosges où le constat devient alarmant pour les sapins ou les hêtres. Cet été relativement sec et chaud est devenu la cause principale de nombreuses pertes de sapins dans le massif vosgiens.

©NicolasMeyer, France 3

Environ 10% d’entre eux sont déjà morts et c’est le même constat chez leurs voisins suisses qui perdent quant à eux 10% de leurs hêtres.

Une situation de « catastrophe forestière » a débuté début juillet.

Un constat alarmant pour le futur

©INA Fassbender, AFP

Ce désastre soulève en premier lieu la question du réchauffement climatique mais également la problématique économique pour les territoires, qui vont devoir palier à un manque à gagner important.

En effet, le réchauffement climatique bouleverse déjà les forêts et beaucoup d’espèces n’arrivent pas à s’adapter. Ajoutant à cela les incendies, de multiples facteurs mettent en péril sanitaire les arbres et la biodiversité qui la compose.

Selon l’ONF (Office National des Forêts), on essaye de comprendre les phénomènes et processus qui sont mis en œuvre afin de trouver des moyens de sauvegarder les forêts et leur biodiversité.

Mais comment réussir ce pari face à des périodes de sécheresse de plus en plus régulières et impactantes ?

Nos forêts peuvent-elles surmonter ce changement seules ?

D’après Brigitte Mush, généticienne au département recherche et développement de l’Office national des forêts (ONF)

« Les forêts se sont toujours adaptées localement, dans les Vosges par exemple, certains arbres ont réussi à survivre à la sécheresse actuelle. On peut espérer qu’ils se reproduisent et que la génération future soit encore plus résistante. »

Une sélection naturelle qui pourrait se voir accélérer en accompagnant par des plantations de mêmes essences mais implantées plus au sud, afin d’accompagner le phénomène de migration naturel.

 

© Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

L’importation de nouvelles essences est également envisagée, comme l’implantation du Cèdre de l’Atlas testée dans le Jura.

Mais ce n’est pas tout. Un espacement plus important des plantations pourrait :

  • diminuer la pression exercée par un peuplement plus dense sur la ressource en eau
  • réduire le risque des incendies

Ceci permettrait de préserver l’espérance de vie de nos arbres.

Depuis 2012, 11,5 millions d’euros ont été investi sur la mission d’intérêt général (confiée à l’ONF) et 12 millions d’euros sur l’équipement et la surveillance des massifs. Des outils d’estimation journalière du risque sont mis en place, ainsi que des mesures du taux d’humidité des végétaux. Des mesures, des essais ainsi que de nouvelles pratiques sont en cours sur nos massifs pour anticiper au mieux nos forêts de demain.

Avec 8 milliards de tonnes de CO2 absorbés chaque année dans le monde, la forêt constitue le deuxième plus grand puits de carbone de la planète, après les océans.

Ces expériences seront-elles reproductibles en milieu urbain où le phénomène est plus complexe et amplifié ?